Il y a plus de deux cents ans, Rabbi Na'hman de Breslev demandait qu'on choisisse un seul enseignement et qu'on marche avec lui, plusieurs mois durant — c'est cette idée que ce site fait vivre, un enseignement à la fois, semaine après semaine. Un service de l'Association Génération Breslev, née d'un petit groupe de passionnés en 2014-2015 et fondée officiellement en 2016, pour transmettre la joie, la simplicité et la profondeur de la Hassidout Breslev.
Chargement du cycle…
אֲזַמְּרָה לֵאלֹהַי בְּעוֹדִי
Un seul enseignement. Six mois. Le temps d'apprendre à vivre avec lui.
דִּבֵּר עִמָּנוּ כַּמָּה פְּעָמִים, שֶׁרְצוֹנוֹ חָזָק מְאֹד שֶׁנֵּלֵךְ עִם הַתּוֹרוֹת שֶׁגִּלָּה...
« Il nous a parlé à plusieurs reprises de son désir extrêmement fort que l'on marche avec les enseignements qu'il a révélés. C'est-à-dire que l'on choisisse d'abord une Torah particulière, et que, pendant environ deux ou trois mois, toute sa manière de servir Hachem soit guidée par cet enseignement — que toutes ses prières et ses conversations avec Hachem aient pour but d'atteindre ce qui y est expliqué. Qu'il vive ainsi un certain temps, puis passe à une autre Torah, puis à une autre, jusqu'à avoir parcouru toutes les Torahs de cette manière. Il en a parlé à plusieurs reprises. Heureux celui qui adoptera cette voie. »
— Si'hot HaRan, §297
Ce texte dit quelque chose de très simple, et pourtant rare : un seul enseignement, tenu longtemps, plutôt que beaucoup d'enseignements traversés vite.
Vous avez sans doute déjà vécu l'inverse : un texte qui vous touche un jour, puis qui s'efface le lendemain sous le suivant. Ce n'est pas un manque de volonté. C'est que rien, autour de nous, n'est pensé pour qu'une idée reste.
Rabénou proposait l'inverse : choisir une seule Torah, et la laisser gouverner, pendant plusieurs mois, sa prière, ses conversations avec Hachem, sa manière de traverser une journée ordinaire.
C'est ce que ce site propose de faire vivre. Chaque cycle, un seul enseignement du Likouté Moharan — son texte, ses commentaires, la prière qui en est née, une manière de le méditer, un geste concret à essayer. Pas de nouveauté chaque jour. La même chose, approfondie, semaine après semaine, jusqu'à ce qu'elle devienne un peu à vous.
Un jour, de nouvelles personnes s'étaient rapprochées de Rabénou. Comme à son habitude, il leur enseigna une Torah d'une grande profondeur. On lui rapporta ensuite qu'elles disaient ne pas avoir compris, et qu'elles auraient préféré un enseignement plus simple, plus adapté à leur niveau. En l'entendant, Rabénou s'en affligea et déclara :
« Celui qui dit qu'il ne peut pas se retrouver dans les paroles de ma Torah est un Apikoros. »
— Rabbi Avraham de Tchérine
Ce n'est pas un reproche adressé à qui a du mal à comprendre : c'est l'affirmation que la difficulté ressentie ne veut pas dire que ce n'est « pas pour soi ». Sa Torah, disait Rabénou, s'étend du plus haut des degrés jusqu'au plus bas ; elle parle en même temps au débutant et au sage, à celui qui est tombé et à celui qui s'élève.
Vous n'avez besoin d'aucun bagage pour commencer. Juste d'un peu de temps, et de la patience de rester.
Chaque mot de Rabénou est pesé. Voici comment nous essayons, humblement, d'être à la hauteur de cette exigence.
Un principe fondateur de la 'Hassidout Breslev veut qu'aucun mot de Rabénou ne soit prononcé au hasard — pas même ses silences. Cette exigence change la façon dont on doit lire.
Chaque semaine, ce que vous lisez dans « Étudier », « Prier » et les encarts « Pour aller plus loin » provient de l'une de ces sources — toutes tournées vers le même centre.
D'abord le sens simple, ensuite la profondeur. Il est tentant de vouloir sauter directement à la signification « spirituelle » d'un enseignement, comme si les mots n'étaient qu'un emballage à retirer au plus vite. C'est l'inverse qu'il faut faire. Quand Rabénou parle d'un fils, il parle d'abord d'un vrai fils. Quand il parle d'argent, il parle d'abord d'une vraie pièce — celle que vous pourriez sortir de votre poche en ce moment même. Ce n'est qu'en tenant fermement ce sens concret qu'on peut ensuite laisser apparaître ce qu'il éclaire de plus profond.
Chercher la réponse dans le texte lui-même. Avant d'aller chercher ailleurs l'explication d'un terme, la première chose à faire est de continuer à lire — souvent, Rabénou précise lui-même, quelques paragraphes plus loin, ce qu'il entendait par tel mot.
Deux temps d'étude, pas un seul. Rabénou recommandait lui-même de fixer, pour ses écrits, deux moments distincts : une première lecture rapide, simplement pour se familiariser avec le texte, presque jusqu'à le connaître par cœur ; puis une seconde lecture, lente et attentive, pour en sonder la profondeur. Sur ce site, l'onglet « Étudier » de chaque semaine se prête aux deux : une première fois pour le découvrir, une seconde pour y revenir.
Votre propre réflexion compte. Rabbi Nathan expliquait qu'une parole prononcée sous l'inspiration du Roua'h HaKodech dépasse toujours la conscience de celui qui la prononce : elle renferme des profondeurs que l'auteur lui-même n'a pas explicitement perçues. Il citait à ce sujet Rabénou dans le Likouté Moharan, Siman 281 — juste avant Azamra — où celui-ci écrit qu'une personne simple, si elle s'assied devant un livre et y réfléchit longuement, peut y découvrir des merveilles que l'auteur n'avait pas consciemment perçues. Ainsi, quand une question de méditation vous mène quelque part que vous n'attendiez pas, ce n'est pas une distraction par rapport au texte : c'est le texte qui continue de se dévoiler, à travers vous.
Étudier jusqu'à trouver une difficulté, puis jusqu'à la résoudre soi-même. Rabénou demanda un jour à l'un de ses disciples, le rabbin de Breslev : « Pourquoi ne prends-tu pas mon livre pour l'étudier attentivement, jusqu'à trouver une difficulté ? Puis continue à l'étudier jusqu'à ce que tu comprennes toi-même la réponse. » Ce n'est pas un conseil de lecture passive : c'est une invitation à buter volontairement sur un passage, puis à rester avec lui plutôt que de chercher tout de suite une explication toute faite.
Ce livre ne demande pas d'être savant, mais humble. On raconte que certains grands érudits, capables de rédiger des commentaires savants sur le Likouté Moharan, n'en ressentent pourtant pas toujours le message vivant aussi intensément qu'un 'hassid simple. Ce livre demande avant tout de l'humilité et de l'effacement — l'érudition, elle, vient ensuite approfondir ce qui est déjà là. Si l'on objecte que Rabbi Avraham ben Rabbi Na'hman a dit qu'il faudrait peut-être dix mille ans après la résurrection pour vraiment comprendre le Likouté Moharan, c'est qu'il parlait de le comprendre au niveau où Rabénou lui-même le comprenait — pas d'en tirer, dès aujourd'hui, un bénéfice réel et accessible à chacun.
Nous nous efforçons de traduire fidèlement, sans paraphraser pour « simplifier » — même quand cela demande un effort de lecture. Nous vous invitons à ralentir, à vous arrêter sur un mot avant de vouloir comprendre toute la phrase.
« 'Hazak, 'hazak, venit'hazek » — soyons forts, renforçons-nous et persévérons.
Si'hot HaRan, §196
Un dimanche soir de l'automne 5570 (1809), la veille du lundi de la paracha Noa'h, Rabbi Na'hman déclara à ses disciples :
« Ma Torah est extrêmement grande. Elle est entièrement inspirée par le Roua'h Hakodech, l'Esprit Saint. On peut même y connaître les événements futurs. Celui qui se penchera véritablement sur ma Torah, qui l'écoutera avec attention et profondeur, pourra discerner ce qui est appelé à se produire. Et lorsque ces événements se réaliseront dans le monde, il sera alors évident que tout était déjà expliqué dans ma Torah. »
Rabbi Nathan raconte avoir entendu ces mots après Chabat Béréchit de cette même année, alors qu'il venait de montrer à Rabénou la Torah intitulée « Béréchit — Lé'énei Kol Israël » (Likouté Moharan II, Torah 67). Et cette semaine-là précisément, ils furent témoins, de façon éclatante, de la vérité de cette parole.
Le jeudi précédent, 25 Tichri, un grand maître d'Israël, le Gaon et Tsadik Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev, président du tribunal rabbinique de sa ville, quitta ce monde.
Le Chabbat Béréchit qui suivit — sans qu'aucun des disciples ne soit encore au courant de cette disparition — Rabbi Na'hman enseigna justement la Torah « Béréchit — Lé'énei Kol Israël », un texte traitant de la disparition de la splendeur d'Israël : le départ d'un Tsadik, qui en constitue la véritable gloire.
En entendant cet enseignement de sa bouche sainte, personne ne comprenait à quoi il faisait allusion. Ce n'est que le lundi suivant que la nouvelle de la disparition de Rabbi Lévi Its'hak leur parvint. Alors seulement, ils comprirent rétrospectivement : Rabbi Na'hman avait déjà, dans sa Torah du Chabbat précédent, dévoilé cet événement — avant même qu'il ne soit connu de qui que ce soit dans le monde. Rabbi Na'hman appelait d'ailleurs Rabbi Lévi Its'hak « la Splendeur (Péér) d'Israël », en référence au concept spirituel des Téfilines.
Cette même année, il était devenu presque impossible de se procurer un Étrog pour la fête de Souccot. Finalement, contre toute attente, des Étroguim arrivèrent — de manière presque miraculeuse. Rabbi Na'hman avait dit, avant même leur arrivée :
« J'avais confiance dans les Tsadikim de cette génération, et particulièrement en ce Tsadik, qui est la splendeur de notre communauté, que des Étroguim finiraient par arriver. »
Là encore, les disciples comprirent que Rabbi Na'hman avait dévoilé, par le Roua'h HaKodech, la disparition de ce grand Tsadik — un enseignement dont la Torah « Béréchit — Lé'énei Kol Israël » traite presque entièrement, pour qui l'étudie avec attention.
Lorsque Rabbi Na'hman relut cette Torah une fois mise par écrit, il ajouta ce qui allait devenir un principe fondateur pour ses disciples :
« Le Moussar contenu dans ma Torah est extraordinaire et d'une puissance immense. Si cette même Torah était exprimée dans un langage plus simple, sous la forme d'un discours de morale, elle bouleverserait profondément le cœur de celui qui l'entendrait, car elle est entièrement remplie d'un enseignement moral d'une profondeur et d'une puissance incomparables. C'est pourquoi je vous ai demandé avec insistance de transformer chaque Torah en prière. Dès que l'on commence à intégrer cette Torah dans sa propre prière, dans son dialogue personnel avec Hachem, elle éveille inévitablement le cœur et le brise pour l'amener à une véritable Téchouva. »
C'est de cette demande précise que naîtra, par la suite, le Likouté Téfilot de Rabbi Nathan : une prière composée pour chaque enseignement du Likouté Moharan.
C'est aussi pourquoi, chaque semaine sur ce site, l'étude ne s'arrête jamais au texte seul : elle se prolonge toujours dans une prière.
Génération Breslev
Génération Breslev est née d'un petit groupe de passionnés, réunis vers 2014-2015 par un même désir : diffuser la joie, la simplicité et la profondeur des enseignements de Rabbi Na'hman.
En 2016, l'association a vu officiellement le jour. Et presque au même moment, tout a commencé par un appel — celui d'une personne dans l'épreuve, qui cherchait un peu de lumière. Nous avons proposé de porter son nom à Ouman, auprès de Rabénou. Ce geste, nous ne l'avons plus jamais cessé de le refaire.
Depuis dix ans, dans le silence, Génération Breslev est devenue un point de repère pour celles et ceux qui cherchent à renforcer leur foi, leur espérance et leur lien avec la Hassidout Breslev : par la prière portée à Ouman tout au long de l'année, l'accompagnement des familles dans les moments qui comptent, la diffusion des enseignements sous toutes leurs formes, et une présence discrète auprès de la communauté francophone.
Notre mission est simple : transmettre la joie, la simplicité, la prière sincère et le lien à Hachem, comme Rabbi Na'hman l'a enseigné. « Marcher avec Rabénou » est une nouvelle façon, pour nous, de poursuivre ce même travail — non plus seulement en portant votre nom en prière, mais en vous donnant, directement, de quoi marcher vous-même avec un enseignement, semaine après semaine.
Comme pour nos autres projets, nous restons volontairement en retrait : pas de nom, pas de visage — seulement le travail, fait avec soin, semaine après semaine.
Histoire & Transmission
« Vous croyez que la reliure de ce livre n'est pas importante ?
Sachez que de nombreux univers en dépendent ! »
— Rabénou Rabbi Na'hman de Breslev, 1805
Vendredi 14 juin 1805
Rabbi Nathan arrive à Breslev pour la reliure
Après avoir célébré la fête de Chavouot de l'année 1805 avec Rabénou, Rabbi Nathan retourna à Némirov mais choisit de faire relier le manuscrit du Likouté Moharan à Breslev. En effet, Rabénou refusa que le travail soit réalisé à Némirov, où il rencontrait trop d'opposants.
La copie du manuscrit avait été minutieusement préparée par Rabbi Nathan et Rabbi Naftali pendant plus de trois mois. Rabénou insista pour qu'aucun « étranger » ne voie ses enseignements — il envoya l'un de ses disciples prendre la place de Rabbi Nathan auprès du relieur.
« Vous croyez que la reliure de ce livre n'est pas importante ?
Sachez que de nombreux univers en dépendent ! »
Jeudi 20 juin 1805
Rabénou tient le livre entre ses mains
Après de nombreux retards, le travail du relieur ne fut achevé que le jeudi 20 juin 1805. Rabbi Nathan apporta à Rabbi Na'hman l'ouvrage terminé, ce qui lui redonna immédiatement du courage.
« Comment peux-tu être déprimé ? Tu n'es pas encore heureux ?
Mais le temps viendra où tu comprendras ma grandeur ! »
Plus Rabbi Nathan se rapprochait de son Maître, plus il prenait conscience que chaque parole émanant de ses saintes lèvres était extrêmement précieuse et pouvait avoir un impact sur les générations à venir.
« Lorsqu'on oublie un enseignement écrit aujourd'hui, on peut toujours le retrouver dans l'ouvrage. Mais les paroles qui sortent de mes lèvres, vous ne les entendrez plus jamais. Vous devez donc vous souvenir de chacun de mes mots, et noter dans les moindres détails chacun de mes contes, chacune de mes conversations, tout ! »
Automne 5568 (1807)
Rabbi Nathan, presque perdu en chemin
Alors que Rabénou se préparait à partir pour Lemberg, Rabbi Nathan, bouleversé, dut supplier pour être emmené par les notables de la communauté. En chemin, les chariots qui escortaient Rabénou prirent de l'avance — il était parti avec une grande hâte. Rabbi Nathan partit à sa poursuite, sans parvenir à le rejoindre, oubliant même son coffre de manuscrits sur la route près de Petchers.
Arrivé enfin là où logeait Rabénou, celui-ci ne lui adressa aucune parole et repartit presque aussitôt. Rabbi Nathan reprit la route de nuit, dans la boue, craignant que Rabénou ne se cache dans une auberge inconnue et ne reparte au matin sans qu'il ait pu le revoir.
Il finit par arriver à Krasné, tard dans la nuit, et fut reçu dans la chambre de Rabénou. Celui-ci le regarda et lui demanda :
« Pourquoi es-tu plongé dans une telle tristesse ? Peut-être regrettes-tu le chemin que tu as commencé ? »
Rabbi Nathan répondit, honteux et d'une voix faible : « Non. » Rabénou insista : « Alors, pourquoi cette tristesse ? » — « Parce que je veux devenir un véritable homme de bien », répondit Rabbi Nathan. Rabénou lui dit alors :
« Si tel est ton désir, pourquoi t'inquiéter ? Toute la création travaille justement pour toi ! Celui-ci voyage à Breslev, celui-là voyage ailleurs… tout cela est pour toi. »
Rabbi Nathan lui confia alors qu'il était certain de ne plus le revoir ce jour-là. Rabénou répondit : « Nous devons certainement encore nous revoir. Nous nous reverrons encore, encore et encore » — une promesse qu'il devait, en effet, tenir plusieurs fois encore avant la fin.
Cette parole — « Toute la création travaille pour toi » — est devenue, dans la Hassidout Breslev, l'une des plus réconfortantes contre le découragement.
Automne 5568 (1807)
La naissance d'Azamra, sur la route
Le lendemain matin, à Krasné, Rabénou se leva très tôt, ne voulut plus parler à personne, et monta aussitôt en voiture pour repartir vers Lemberg. Rabbi Nathan se mit à courir derrière le chariot — sachant qu'il est presque impossible de rattraper à pied des chevaux au galop, mais se disant : « Quoi qu'il arrive, je vais courir. Peut-être Hachem fera-t-Il en sorte que je puisse la rejoindre. »
C'est ce qui se produisit : au sommet d'une colline, les chevaux durent ralentir pour la descente, puis franchirent un pont. Rabbi Meïr, qui avait pris les devants pour attendre là, obtint ce léger arrêt. Grâce à lui, Rabbi Nathan et Rabbi Naftali, qui couraient eux aussi, purent enfin les rejoindre — trois disciples se retrouvèrent ainsi devant Rabénou. Celui-ci, d'humeur plutôt satisfaite, leur demanda :
« Que désirez-vous ? Préférez-vous que je vous bénisse, ou que je vous enseigne une Torah ? »
Rabbi Nathan répondit : « La bénédiction, avec l'aide d'Hachem, vous pourrez toujours nous la donner à votre retour. Mais un enseignement, dites-le-nous maintenant ! » — pensant que, sans profiter de cet instant, ce serait une occasion perdue à jamais (pessida déla hadar, « une perte irréparable »). Rabénou répondit : « Je vais vous raconter ce qui accompagne mon voyage » — et commença alors à dévoiler, debout près de ce pont, l'enseignement sur le Michkane et les mélodies qui prolongeait directement la Torah Azamra entendue à Chemini Atséret précédent, aujourd'hui imprimée dans le Likouté Moharan I, §282 : depuis « Sache que celui qui sait composer ces mélodies... » jusqu'à « le 'Hazan voit où les enfants lisent ».
Rabbi Meïr, puis Rabbi Nathan, puis Rabbi Naftali lui baisèrent la main. Rabénou poursuivit sa route vers Lemberg, tandis que les disciples couraient encore derrière le chariot aussi longtemps qu'ils pouvaient l'apercevoir. Une fois celui-ci disparu, ils rebroussèrent chemin — n'ayant pas encore prié Cha'harit et déjà loin de la ville. Une voiture qui retournait vers Krasné les recueillit, et c'est là qu'ils purent enfin réciter la prière du matin.
Avant de partir, Rabénou les bénit : « Que vous viviez de longues années, car c'est grâce à vous que j'ai révélé cette Torah. » Rabbi Nathan ne vécut que soixante-cinq ans — mais compte tenu de la grave maladie intestinale dont il souffrit de nombreuses années durant, ses disciples considérèrent que cette promesse s'était bien accomplie.
Rabbi Nathan écrira, des années plus tard :
« Jusqu'à aujourd'hui, je ne comprends pas pleinement le lien entre cette Torah et son voyage vers Lemberg. Je n'en perçois qu'un très léger éclair de compréhension. »
Rabbi Na'hman de Tchérine proposera plus tard une piste : Rabénou se rendait à Lemberg pour combattre, par avance, une hérésie qu'il voyait poindre par Roua'h HaKodech — une hérésie qui naît souvent d'un premier découragement, quand on ne parvient plus à reconnaître le moindre bien en soi. Chercher le point positif serait donc l'antidote même à cette chute. Pendant ce même séjour à Lemberg, Rabénou fit d'ailleurs brûler certains de ses propres manuscrits (le « Sefer HaNisraf », le Livre brûlé), pour cette même raison spirituelle.
Janvier — Mars 1808
Les grands Tsadikim de la génération approuvent l'ouvrage
Vers la fin janvier 1808, Rabénou envoya Rabbi Zalman Akatan solliciter des lettres de recommandation auprès de plusieurs éminents Tsadikim. Rabbi Zalman voyagea pendant plusieurs mois et revint avec des sacs remplis d'approbations de tous les grands sages de la génération.
Tous affirmèrent que Rabbi Na'hman n'avait aucunement besoin de leurs recommandations tant le livre était élevé, mais ils furent très touchés d'avoir été honorés de cette demande.
Le 'Hozé de Loublin
26 janvier 1808
« Ses écrits et sa Torah sont les paroles du Dieu Vivant, la Vérité des vérités !… C'est le Doigt de Dieu ! Le Maître illustre n'a pas besoin de mes recommandations. »
Rabbi Israël de Koznitz
2 février 1808
« Ses écrits sont profonds et agréables… chacun à son niveau… et ils font partie du Saint des Saints. »
Rabbi Avraham de Zlatchov
18 février 1808
« Un géant de la génération dont je ne pourrais mesurer qu'une infime fraction des vertus… lumière sacrée d'Israël… »
Rabbi Zalman Margalyot de Brody
Hiver 1808
« On ne pourra jamais assez en faire l'éloge… Rabbi Na'hman est un géant de la Torah ! Cet homme saint pénètre les mystères profonds de la sagesse. »
Été 1808
La publication à Ostrog — 1 000 exemplaires
Vers la fin de l'été 1808, juste avant Roch Hachana, la première partie du Likouté Moharan fut publiée à Ostrog. Il s'agit du premier et du seul livre publié de son vivant par Rabénou. Ce livre fut imprimé à mille exemplaires par Rabbi Chmouel ben Yissacher Ber Segel.
Rabbi Nathan s'attela par la suite à corriger toutes les erreurs survenues lors de la première impression. Il expliqua :
« J'ai jugé nécessaire de rectifier de nombreuses erreurs, dans le but de clarifier et d'expliciter davantage, selon ma compréhension… Tous les enseignements transcrits dans mon manuscrit sont les paroles sacrées de Rabénou lui-même — je n'ai rien retranché ni ajouté, pas une seule lettre. »
Peu après — 5568-5570 (1808-1810)
Ce que Rabénou disait de son propre livre
Selon ce que rapporte 'Hayé Moharan, Rabénou lui-même désigna le Likouté Moharan par ces mots :
« L'étude de mes saints ouvrages est l'At'halta deGuéoula — le commencement de la Délivrance, rapidement et de nos jours. »
Il recommandait à chacun de fixer, pour ce livre, deux temps d'étude bien distincts : une première lecture rapide, pour se familiariser avec l'ensemble jusqu'à presque le connaître par cœur ; puis une seconde lecture, lente et attentive, pour en sonder la profondeur.
Il ajoutait, avec une humilité qui donne la mesure de ce qu'il retenait encore :
« Ce que je vous révèle de ma Torah n'en est que les résidus — des dizaines de milliers de degrés en dessous de ce que j'en perçois réellement. Si le Baal Chem Tov lui-même l'avait entendue, elle lui aurait été une nouveauté ; si Rabbi Chimon bar Yo'haï l'avait entendue, elle aurait aussi été, pour lui, une nouveauté. »
Et il alla jusqu'à prophétiser l'avenir de ce livre :
« Mon livre deviendra extrêmement précieux. On le recherchera partout ; il sera imprimé, puis réimprimé encore et encore. J'aurais tant voulu voir ce moment, où je me tiendrais de côté à observer comment on l'étudie et comment on le réédite. »
On ne peut pas imaginer la joie que Rabbi Na'hman a dû ressentir en tenant le livre entre ses mains.
Des univers entiers dépendent de ses écrits.
Les mots ne peuvent l'exprimer et le cœur ne peut le saisir.
✡ Achrénou ✡
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26 semaines, du 12 août 2026 (Roch 'Hodech Eloul) à début février 2027.